Un espace de création …

Parallèlement, un projet artistique baptisé «des artistes dans le Jardin» est confié à l’association Grand Public, sur la base d’un cahier des charges rigoureux s’étalant sur 5 ans (1995 – 2000). A la différence des habituels jardins de sculpture, l’objectif est d’associer deux univers parallèles, le jardin comme œuvre d’art et les interventions d’artistes capables de trouver leur place dans ce jardin. Ce projet unique a pour but d’offrir aux cinq artistes sélectionnés de présenter un travail visuel ou conceptuel en cohérence avec leur démarche habituelle et en liaison avec les qualités existantes de ce jardin du XIX siècle. Les visiteurs accueillis peuvent ainsi .observer l’influence des œuvres des artistes dans l’intégration du paysage.
Un catalogue est édité pour chaque artiste et fait partie de la collection « Les Cahiers de Barbirey »

En 1995, l’architecte-paysagiste, BERNARD LASSUS, crée le « jeu du jardin » en travaillant sur le thème du passage du temps et des hommes dans le décor du jardin. Des dessins à l’encre sur les vitres de la salle d’exposition du château venaient se superposer aux paysages du jardin. Chacun, au cours de la promenade pouvait s’approprier ces images du passé ou du présent, imaginaires ou idéales, et s’inventer son propre jardin.
En 1996, l’artiste JEAN-NOEL BUATOIS a réalisé une exposition et une installation dans le parc, la « Chevelure de Bérénice », une constellation de minuscules boutons de nacre sur des tiges disposés sur le sol où le regard n’a pas l’habitude de se poser. Il a travailler sur la mémoire des lieu et l’idée du souvenir. Cette œuvre rappelle au visiteur la nécessité de ralentir l’allure et de prêter attention aux détails de la nature. 
En 1997, ERIK SAMAKH, un artiste français spécialisé dans les oeuvres sonores, crée la « Pièce d’eau », sorte d’«auditorium écologique», en implantant une grande structure de bambous pour protéger des prédateurs ses musiciennes, les grenouilles qui viendront donner la réplique aux canards et autres anatidés déjà présents sur l’étang. La structure appelée à disparaître, œuvre éphémère pour laisser subsister un milieu autonome propice à l’implantation durable des batraciens qui constitue l’œuvre pérenne. 

En 1998, l’artiste JACQUES VIEILLE crée 5 « bancs publics » très décoratifs placés à des endroits stratégiques du parc pour offrir au promeneur un lieu de repos et lui proposer un choix d’angles de vue. Grâce à leurs différentes couleurs, ce sont des pôles d’intérêt et des œuvres esthétiques destinés à se poser pour rêver …

Enfin en 2000, l’artiste allemand, JOCHEN GERZ, implique l’ensemble des habitants du village dans un événement dans la durée en créant « le Vote de Barbirey ». Lors d’une cérémonie annuelle, un jury de sept habitants du village, tiré au sort chaque année, « baptise » les Jardins de Barbirey du nom d’une personne vivante remarquable élue à l’unanimité. Une plaque est inaugurée à l’entrée des Jardins et un banquet est organisé au Château où sont invités tous les habitants du village de Barbirey et de son hameau, Jaugey.

C’est ainsi que Pierre Perret (élu en 2001), Nicolas Hulot (2002),  Jacqueline Rollin (2003) et Guy Roux (2004) ont successivement donné leurs noms aux Jardins.

Le « Vote de Barbirey » met les habitants du village en situation d’ouvrir « ce jardin de terroir » sur le monde et d’y ajouter du sens.

Les Cahiers de Barbirey constituent une collection de cinq catalogues retraçant l’évolution du jardin par la commande de ces œuvres.